lundi 13 juillet 2009

Sondage

Commencer à écrire.
Sur tout ça.

qui vote pour ?

La nouvelle tradition

Les traditions : on les instaure, puis on y reste fidèle :)

dimanche 5 juillet 2009

Pique-Nique

C'est au parc Monceau qu'a eu lieu le pique-nique géant post-results
On a fêté dignement la consécration ultime. Liza la pâtissière et MC la boulangère.
Mais jamais sans un Nicolas Virtuel dans les bagages, of course

(pardon pour les autres, je n'ai eu droit qu'à quelques photos, mais j'aimerais en recevoir de nouvelles !)



samedi 4 juillet 2009

Results

Je ne suis plus apprentie
Je suis boulangère

Merci à tous ceux qui m'ont soutenue dans les moments difficiles cette année, je vous dois ma persévérance et mon enthousiasme.
Merci à ceux qui ont su être fiers de ma route peu ordinaire et qui m'ont permis d'y parsemer des fleurs entre deux orages.
Et merci à ceux qui continuent à être là parce que le sommet de la montagne est encore loin.

vendredi 26 juin 2009

A voir

Cette vidéo est incroyablement triste ...

jeudi 25 juin 2009

Help




Nico, I miss you so much

mercredi 24 juin 2009

Pierchonnade volatile

Conchita m'a demandé de renouveler un peu mon stock d'articles

Alors en hommage à notre Nicolas national, héros d'un soir (au théâtre, rôle principal d'une pièce contemporaine [L'Autre, ou le jardin oublié] s'il vous plait messieurs dames), laissez-moi partager avec vous ses talents de photographe privé.

Car Nicolas sait saisir l'instant aérien
avant que ne retombe la masse

Nicolas, un artiste de qualité à votre mon service




lundi 15 juin 2009

The white company


Abandonner le troupeau pour aller chercher la baguette égarée

mercredi 27 mai 2009

Un an

23 ans, hier.

Généralement, j'aime faire des pages "bilan" la veille de mes anniversaires. Et chaque année je constate que j'ai traversé mille choses plus enrichissantes que celles de l'année précédente.

Évidemment, cette année a été spéciale

enivrante


vertigineuse


Je ne sais pas la résumer, je ne sais pas la qualifier. Elle était tout.

Magiques, les trajets en vélo dans la nuit pour cueillir l'aube entre une pétrissée et l'autre; sensuel, le plaisir de façonner les pains spéciaux du matin et de caresser les pâtes à viennoiseries aux odeurs enchantées; gratifiant, le départ du Grenier à Pain à la fin de la journée avec une baguette que l'on a soi-même faite.
Et douloureux le dos à la fin de la journée, décourageantes les journées où rien ne se passe comme on le voudrait, humiliantes les moqueries souvent trop répétées.


Et pourtant... pourtant j'ai tellement tout aimé. Apprendre enfin quelque chose qui donne l'impression d'être pleinement vivant, vivre d'ailleurs, tout simplement, pour quelque chose d'essentiel, de terrestre - pleinement.

Il y a un an, j'étais en Angleterre. Et après m'être sentie idiote devant quelques amies qui savaient transformer en un tournemain quelques restes de frigo en soufflés, hachis, et autres plats fondateurs que je ne savais pas confectionne, j'avais décidé pour Paques de faire moi-même la pate à pizza de mes manaiches libanaises (pizzas au thym et au sésame). Et puis, j'avais continué. Je m'étais lancée. Les sacs de farine du Sainsburys s'enchainaient, je m'étais mise à la cuisine. A fond. Et au pain.

Les pains indiens sans levure, les pains complets, les petits pains au lait qui étaient chaque fois meilleurs avec l'expérience.

Tout changeait.


A mon retour à Paris, je demandai à Oriane si ses parents restaurateurs ne connaitraient pas un artisan boulanger pour que je passe une semaine chez lui. Je pensais alors faire un CAP adulte en trois mois à partir de janvier 2009. Et puis elle m'avait répondu "mais fonce, va voir des gens près de chez toi, demande, raconte ton histoire". Sur le chemin, tout de meme, un coup de fil à Nathalie "Nathalie, j'ai envie de faire quelque chose de fou" Et là, elle m'avait répondu "c'est GENIAL".

C'était la première à me le dire.

Le boulanger de la rue Madeleine Michelis avait dit oui. "Revenez la semaine prochaine". La semaine suivante, je ne l'avais pas vu le premier jour, ni le second. Le troisième, je m'étais pointée à 4h du matin et on m'avait dit qu'il était parti une semaine.

J'étais paumée.

Et là Matthieu tout naturellement "va au Grenier à Pain, il y a toujours du monde au fond de la boutique, le boulanger est toujours là". Une heure après, j'étais au Grenier à Pain. Damien acceptait que je vienne découvrir le fournil le lendemain. Une semaine après, j'étais inscrite en BEP.

Voilà, voilà la révolution de mon année. Mon année folle.

Oui, j'ai passé un BEP boulangerie, je ne l'aurais jamais cru. Qui d'ailleurs l'eut cru ?
Et pas un jour je ne l'ai regretté. J'ai presque regretté de ne pas l'avoir fait plus tot.
Que me réservera cette année ?
Qui vivra verra.

vendredi 22 mai 2009

Correction

Le jour de mon épreuve pratique pour le BP
un moment y a eu une pause
et là Sonia est venue
c'est ma copine patissière
elle est venue juste à temps, pile à la pause
ça m'a fait plaisir
(et elle veut absolument que je vous le dise)

jeudi 21 mai 2009

Un petit concentré de shintoisme

... pour la sérénité...

mardi 19 mai 2009

The D-Day

Laissez moi donc vous conter mon épreuve de BEP

qui ne fut pas la meilleure journée de l'année...

On me donne la commande. Et là, j'hallucine. C'est minuscule. Incomparable avec les examens blancs.
Une dizaine de kilos de pain blanc.
Des croissants et des pains au chocolat (avec une base d'1kg de farine)
Du pain de campagne
Du pain de méteil
Un décor en thème libre.

QUOIIIIIIIIIII ??????? Et le pain au lait ? Et la brioche ?
Normalement, il y a 2 types de viennoiseries, et la viennoiserie est de loin mon point fort ! (honte à moi, c'est ce qu'il y a de plus simple en boulangerie).

Et le pain blanc, ce ne sont que des baguettes, pains, ficelles, bâtards. Pas de petites formes régionales. Et ça m'énerve ça, je réussis toujours mes formes régionales.
Bref, je suis dégoutée.

Je remplis l'organigramme. J'arrive au labo.
Je pétris ma pâte à croissant. 23,2°C. Elle est parfaite.
Je pétris mon pain de campagne. 23°C. Il est parfait.
Je commence à ramollir ma margarine et à tourer mes croissants.
Je pétris mon pain blanc. 24°C. Il est parfait.

Tout va bien. Je suis rassurée. Je détaille mes croissants et mes pains au choco. Hop je donne un petit rabat à mon pain de campagne. Hop je divise mon pain blanc. Et là, la merdasse commence.
Je le trouve assez ferme. Difficile à allonger. Mais j'arrive tout de meme à faire des baguettes régulières sans trop de souci. Tout à coup je réalise que je l'ai bien trop peu hydraté. 63%. Pour un pétrissage amélioré, c'est bien 2% trop bas. M'enfin, je continue mes opérations. Je divise mon campagne. Je cuis ma viennoiserie, je lance le pétrissage du méteil. 23,5°C. Il est parfait. Je façonne mon campagne. Je cuis mon pain blanc (avec les 400g de pate de trop que j'avais, je fais des petites formes quand meme. Pour mon casse croute. Et pour montrer que je les maitrise [bin oui])

Je divise mon méteil.
Je sors ma viennoiserie du four. Elle est réussie (enfin, les pains au choc sont tops. Les croissants sont moches mais bien feuilletés)
Je façonne mon méteil. Surtout ne pas donner de force. Un pli et directement la soudure. Je sais que ce pain a tendance à éclater au four.

Je sors mon pain blanc du four. Et là j'ai envie de me jeter du haut du pont Alexandre III.
Mon pain est moche.
Nooooooooooon. Tout allait bien. Pourquoi mon pain est moche ?
Trop de buée, pas de grigne. Quelques ficelles tordues. Des pains trop serrés d'après un correcteur. Il me pose des questions, je ne suis meme pas capable de répondre correctement pour me rattrapper. Je lui raconte que j'aurais peut-etre du laisser un peu plus de pointage (=1ère fermentation). Il me dit qu'il y en a eu trop.
Je désespère. Il me dit de ne pas m'en faire, que tout ne se joue pas juste au pain blanc.

Oui mais...
Quand je sors mes méteil du four, ce que j'avais craint est arrivé, ils ont tous éclaté.
Et là j'ai envie de rire.

Tout allait bien.
Toutes mes pates étaient parfaites. Tout tout tout était top. Qu'est-ce qui s'est passé dans ce four merde ?

Bon.
Alors, belle viennoiserie, beau décor, pain de campagne presque réussi en entier, mais foirage sur tout le reste.

Alors le BEP, je l'aurais je pense, parce que pendant la journée, les correcteurs ont bien vu que ça allait. Mais j'aurais voulu l'avoir avec plus de fierté, et j'aurais voulu du pain au lait aussi, et j'aurais voulu etre vraiment contente de moi.

J'en veux à mon prof. Je lui en veux de ne nous avoir jamais fait faire de méteil. J'en ai fait une fois, avec un remplaçant, car j'en avais parlé. Je lui en veux de ne nous avoir pas du tout assez entrainé. De ne pas avoir fait assez de pain blanc pour que nous sachions nous débrouiller le jour J. Je lui en veux de nous avoir fait faire 50 fois la baguette viennoise sous prétexte que c'était plus compliqué alors que c'est facile comme bonjour.

Voilà. Je suis un peu déçue de ma journée.
Pourtant, tout allait bien, jusqu'au four...

vendredi 15 mai 2009

ô rage, ô désespoir

ô croissant ennemi...

Hier, jeudi 14 mai, j'étais convoquée à l'école pour une épreuve pratique. Savoir si je peux être prise en Brevet Professionnel (un examen qui se prépare en 2 ans, qui est très très dur, mais qui permet de comprendre plein de choses en boulangerie)

J'arrive guillerette, pas (trop) angoissée. Et là j'apprends qu'il y a une épreuve écrite. Ah. Merde.
On nous avait dit épreuve "pratique", c'est quoi ce délire là ho hé ho ho ho
Bon. J'inspire, j'expire.

Certains candidats étaient au courant. Je passe sur ma révolte intérieure.

Première question, citez 4 rôles du sel. Bon, ça va. Citez 3 pâtes levées contenant du sucre et leur quantité de sucre. Allez savoir pourquoi, mais pourquoi j'inscris "pain au lait 60g". Non, pas vrai. C'est 100g. Passons. Les produits correcteurs autorisés en pain de tradition française. Meuuuuuh facile, aucun. Évidemment, plantage royal (on a donc droit je viens de vérifier à de la farine de fèves [bin je m'en doutais en fait, j'étais sûre de l'avoir vu sur nos sacs de farine, mais comme ça sert à blanchir la pâte et que le pain de tradition ne doit pas être blanc, jme disions qucétait point la peine], du malt, du gluten, et de la farine de soja. Que des dérivés de farine, rien de chimique, no worries. Ah si, et des amylases fongiques je crois).
Bien.
Deux caractéristiques sur le produit fini (ie la baguette) dans les 3 modes de pétrissage que vous connaissez.
Deux moyens de conservation des oeufs, signification du logo et de la démarche HACCP, quelles sont les caractéristiques d'un artisan boulanger par rapport à un terminal de cuisson (bon, j'ai écrit "courage et persévérance" [en plus du reste, no worries hein]).
Deux façons hygiéniques et sécuritaires de décongeler les produits (??? bin jsé pas moi, on les sort du congél !)
Bref, passons. En 35mn c'était fini.

13h30. Début de l'épreuve pratique.
Comme nous n'avions que 2h30, les pâtes étaient fournies déjà pétries (et moi je déteste quand je ne maîtrise pas ma pâte, ouh que je n'aime pas ça...).
Il fallait faire un pâton de croissants (entre 15 et 20), un pâton de pains au choc (entre 15 et 20), et une dizaine de baguettes de tradition.

Je prends la margarine. Elle est toute molle. Je suis troublée. Merdasse. Je prends mon pâton. Il colle au plan de travail, je suis toute troublée. Je farine un max. Le formateur m'observe. Je suis troublée. Je ne connais pas les gens d'en face et de derrière, ils procèdent différemment, je suis troublée.

Et là, je ne sais pas ce qui se passe dans ma tête, mais je fais le pâton de feuilletage le plus foiré de mon existence de boulangère. S'il y a un seul, mais un seul truc que j'ai réussi à chaque examen blanc, c'est les croissants !
Bref, ça se passe mal. Je vois bien qu'une partie de ma pâte ne contient pas de matière grasse, j'essaye de cacher ça. De le virer à la découpe. Je me plante. J'ai une partie de croissants anorexiques, aucun n'est feuilleté, ils sont craquelés, moches, invendables. Heureusement que les petits frères des pauvres qui passeront les prendre ne sont pas exigeants. Ma dépression commence.

Bon, en revanche, j'ai eu des pains au choco bien réguliers, aucun ne s'est soulevé en cours de pousse ou de cuisson, bon feuilletage, bien dorés. Beaux. Les presque plus beaux de mon existence de boulangère, pour le coup.
Baguettes ça allait aussi, un peu juste en cuisson mais sinon j'ai à peu près réussi mon coup de lame (pour cause d'entrainement intensif de mise au four au grenier à pain mardi et mercredi).

Alors je crois que j'ai les croissants les plus moches de la classe.

Deux points positifs cependant :
-les jeunes qui passaient semblaient motivés et plus intéressés que ma bande de zoulous de camarades de cette année
-ça me fait un petit entrainement pour mon BEP mardi, je ferai méga gaffe à mes croissants, I want to masterayze them, je me détendrai plus rapidement, je ne REGARDERAI pas les autres, chacun ses méthodes, et tant pis pour le reste.

Bon, y a plus qu'à attendre the result. Je n'étais pas trop stressée, mais là je me dis qu'on peut toujours m'éjecter du programme.
Ah si, j'étais la seule fille des 23 candidats. S'ils veulent pouvoir dire que dans leur école il y a une nana qui passe un Brevet Professionnel, moi je dis, pfuiiit, on met le dossier en haut de la pile. Bin oui, ça s'appelle la discrimination positive.

Pour le moment, rabaissons nos prétentions, il s'agit de se concentrer sur le BEP, d'apprendre toutes mes recettes par coeur ce WE et de ne pas stresser pour mardi...
Bon, là j'ai besoin de solidarité.

mercredi 13 mai 2009

There iz no B solution

Hier soir au dîner, mon père me demandai
(vous avez vu cet art de l'alexandrin avec rime interne ?)
"et si tu n'es pas prise dans la formation que tu veux, que fais-tu?"
"..."
"et si tu rates ton examen, que fais-tu ?"
"..."

Bref, donc voilà, la réponse est claire : je n'ai PAS de solution B.
Je veux avoir mon BEP et je veux être prise en BP. C'est tout. Point barre.

Alors faire un CAP pâtisserie ou un connexe cuisine parce que j'aurais raté mon exam, c'est hors de question.
et devenir ouvrière boulangère avec seulement un BEP en un an, c'est hors de question aussi. ça ne me suffit pas.
Je réalise donc que je n'ai pas d'issue de secours. Et que pourtant, dans le fond, je ne suis pas à l'abri d'un accident.
A moins d'une semaine de l'examen, je me mets donc sérieusement à flipper.

CQFD.

le plus stressant pour moi, c'est le temps de pousse des produits. Je n'arrive jamais à évaluer quand un pain doit aller au four.
Ou un croissant.
Brioches et pains au lait, c'est plus facile à réaliser. Mais les pains blancs et les pains spéciaux ou de campagne.
jveux y arriveeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeer

samedi 9 mai 2009

Bipolaire

Le samedi matin, maintenant, il y a le théâtre.
Je marche dans la rue de Rivoli à 9h20, elle se dore doucement au soleil qui pointe. Il y a peu de monde, les touristes n'arriveront que plus tard. Dans mes oreilles, le prélude de Chopin sur lequel je réciterai, dans quelques minutes, la lettre de George Sand à sa grand-mère.
Je souris dans la rue. La musique est si belle.

Arrivée au théâtre, il y a ces sièges rouges où l'on s'installe.
L'estrade noire et froide. J'aime.

"d'un amour inépuisable, absolu, indestructible"

Aujourd'hui je suis remontée sur scène.




Enfin.

J'ai tenté d'en profiter un maximum. De me sentir la reine d'un quart d'heure. De parler bien.
Mais... un jour à peine pour apprendre un texte, c'est trop peu. Un trou de mémoire. Un second. Un troisième. Je déraillai. Peu importe, je continuais.

Est-il possible d'aimer à ce point les beaux monologues et de vouloir à tout prix faire du pain et des viennoiseries ?
Les deux pôles sont-ils compatibles ?
Ou y en a t-il un plus vrai que l'autre. Un qui me corresponde plus que l'autre ?
Deux Marie-Christine dissociées ou une seule à deux tranchants ?



C'est drôle, dire que l'on est boulangère dans un théâtre.
C'est drôle, dire que l'on aime les dramaturges classiques dans une boulangerie.

Ou alors se contenter du silence ?

Ce que l'on ne peut dire, il faut le taire.

Je reste convaincue que l'on peut aimer manier la pâte et déclamer.
Je veux le croire.

mardi 5 mai 2009

J'officialise l'information

Chers lecteurs
chers VOUS

Vous savez sans aucun nul doute que la seule chose qui me manque cette année, qui me manque terriblement et atrocement tout comme elle m'a manqué pendant mes deux ans de prépa c'est............................. (roulement de tambour)..............



............................... LE THÉÂTRE

j'adore monter sur scène, me prendre pour quelqu'un, parler, voir le rideau se lever, les lumières changer, saluer, entendre les applaudissements

ça fait quelques semaines que je tournicote ça dans un coin de ma cervelle bouillonnante,
samedi je suis allée assister à un cours de vrai théâtre
du théâtre littéraire, comme j'aime
avec fond de musique, comme j'aime

et je vous annonce donc que j'auditionne jeudi !!!!
alors on croise très très très fort les doigts pour que j'aie la place libre !!!

et là, ce serait le début du bonheur
du pain, du théâtre
la vie quoi

youpi

dimanche 3 mai 2009

Les danseuses étoiles

http://www.deezer.com/track/106321

Avec Chopin, c'est différent.
Chopin, c'est quelque chose

Déjà, c'est mille souvenirs.
Le piano de Matthieu, et ce nocturne
le premier,
Inoubliable

il y a une grande retenue des notes. Et puis des cavalcades soudain.
C'est Chopin.


Chopin, ce sont des milliers de danseuses étoiles qui s'élancent en arabesques et se plient en de gracieuses courbes. Chopin, c'est le jardin de Bagatelle en juillet, des bougies le soir allumées près des roses pendant que les artistes font résonner le Steinway pleine queue et réveillent doucement les danseuses étoiles.

Elles partent virevolter. Elles lancent la mélodie. Ce sont ses notes. Croches, doubles et triples, emmêlées les unes aux autres.


Comme c'est sensuel.


C'est Chopin.


samedi 2 mai 2009

http://www.deezer.com/track/2793625

Y a Beethov qui explose dans la chambre grâce aux doigts enchanteurs de Brendel. Y a une époque où j’écrivais mes dissertes au son des sonates, parce que ça forçait ma plume à se déchainer, comme la mélodie. Vecteur d’inspiration. Incontestablement.

J’ai fini l’année. J’ai fini ma dernière semaine d’école, et ça m’a fait tout étrange. L’impression que tout a filé, que tout a changé. Je n’y aurais jamais cru. Comme me disait Matthieu hier « bin voilà, tu l’as faite Marie, cette année, finalement ». Je l’ai faite. J'ai appris à devenir boulangère. Grâce à quelques rencontres sans lesquelles je ne me serais jamais lancée, ou sans lesquelles je n’aurais jamais persévéré. Il y en a eu 3.

Et puis il y a eu tous ceux qui n’ont pas arrêté de m’encourager. A la fin, il faudrait faire un grand pot à leur honneur.

Je passe mes 7h d’examen le 19 mai. Le brevet, le bac, la licence, la maîtrise, je n’en ai jamais eu peur, je savais que je les aurais. La question, c’était juste de savoir avec quelle mention, finalement. Et là pour la première fois de ma vie, j’ai peur de ne pas réussir un examen. J’ai peur de rater mes pétrissages et d’avoir des pâtes chaudes, peur de ne pas savoir quand mettre au four, peur d’y oublier mon pain, de louper le coup de lame, cette signature du boulanger que je n’arrive absolument pas à maîtriser. Bin oui, je flippe.

Beethov continue à résonner. Inlassablement, les notes se perdent dans la chambre et dans ma tête. Vertige. Tourbillon.

mercredi 29 avril 2009

Brioches à tête

Réaction de mon prof devant mes brioches après façonnage :
"ohlala, la tête de tes brioches là, à COUP SUR, elle tombe sur le côté à la cuisson, il faut enfoncer la tête au niveau du reste de la pâte"
"mais... mais..."

Sortie du four :
"bin msieur, vous avez vu là mes brioches ?"
"nan mais c'est un coup de bol"

Pffffffffffffffffff.
M'en fous, je m'auto décrète reine de la brioche.

Brioches de Pâques



Pour Pâques, j'ai préparé (avec soin et amour) des brioches au mahlab (amande du merisier, une espèce de poudre d'amandes que ma môman a dans ses placards magiques)

Ce que j'adore avec la viennoiserie, c'est que ça se réussit très bien aussi à la maison. Alors que le pain, c'est tout de suite plus délicat.

La boulange, c'est ludique. J'aime.


dimanche 19 avril 2009

Le voyage


Il y a eu celui au bout du monde.

Et il y a eu cet autre,
Indélébile
au bout de la nuit

Le train est entré en gare. Je n'étais plus très sûr de mon aventure quand j'ai vu la machine. Je l'ai embrassée Molly avec tout ce que j'avais encore de courage dans la carcasse. J'avais de la peine, de la vraie, pour une fois, pour tout le monde, pour moi, pour elle, pour tous les hommes.
C'est peut-être ça qu'on cherche à travers la vie, rien que cela, le plus grande chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir.
Des années ont passé depuis ce départ et puis des années encore... J'ai écrit souvent à Detroit et puis ailleurs à toutes les adresses dont je me souvenais et où l'on pouvait la connaître, la suivre Molly. Jamais je n'ai eu de réponse.
La maison est fermée à présent. C'est tout ce que j'ai pu savoir. Bonne, admirable Molly, je veux si elle peut encore me lire, d'un endroit que je ne connais pas, qu'elle sache bien que je n'ai pas changé pour elle, que je l'aime encore et toujours, à ma manière, qu'elle peut venir ici quand elle voudra partager mon pain et ma furtive destinée. Si elle n'est plus belle, eh bien tant pis ! Nous nous arrangerons ! J'ai gardé tant de beauté d'elle en moi, si vivace, si chaude que j'en ai bien pour tous les deux et pour au moins vingt ans encore, le temps d'en finir.
Pour la quitter il m'a fallu certes bien de la folie et d'une sale et froide espèce. Tout de même, j'ai défendu mon âme jusqu'à présent et si la mort, demain, venait me prendre, je ne serais, j'en suis certain, jamais tout à fait aussi froid, vilain, aussi lourd que les autres, tant de gentillesse et de rêve Molly m'a fait cadeau dans le cours de ces quelques mois d'Amérique.

jeudi 16 avril 2009

Brain stimulation

C'est le mois d'avril, les bourgeons refleurissent, les oiseaux de 4h du matin sont revenus, la température est remontée. Spring came with smiles on its way...
C'est le mois d'avril, les camarades agrégatifs ressortent de leur tanière et pof, on les revoit. Eux aussi refleurissent, revivent, s'apprêtent à quitter les sentiers universitaires pour aller convaincre des bandes de jeunes démotivées que la littérature c'est biiiiiiiiiiiiiien, et c'est beauuuuuuuuuuuuuuu

Je disais donc, tout refleurit.
Et aujourd'hui, ô surprise, mon langage lui-même a porté des petites fleurs.
Je me voyais tristement devenir une boularde vulgaire. Et pof, quelques jolis mots d'autrefois ont bourgeonné sur les sentiers (battus) de la conversation.
L'effet déjeuner avec Florence, sans doute.

Brain stimoulèycheun, I told you

mercredi 1 avril 2009

Memories of England




Pour la première fois aujourd'hui, j'ai été nostalgique de l'Angleterre
parce qu'il faisait doux et que la lumière dans le ciel ressemblait à celle de là bas.

je me suis souvenue de la campagne du West Midlands, de ma petite rue de Coventry, de l'arbre de la route de Kenilworth, quand on y allait par les champs, derrière la fac.
C'était bien


On n'avait rien à envier à Londres finalement, même si certaines vues valaient d'être vues, par un matin brumeux, en marchant entre Waterloo et la National Gallery...


En ce moment j'ai envie de parler anglais, d'entendre anglais, d'être en mode anglais.
De suivre un peu le so British way of living

mardi 24 mars 2009

Help me to understand

Il y a ceux qui se dirigent vers une quelconque fac de socio ou d'éco après le bac. Ceux qui font des écoles de glandus où ils apprennent de vagues théories de marketing qui leur font croire qu'ils sont les futurs maîtres d'un monde catégorisé en colonnes de tableaux Excel.
Il y a eux, donc.
Eux, avec leur air pédant et hautain, ils vont quand même avoir un salaire plutôt correct à la fin de leurs études (de glandus) avec une progression annuelle souvent intéressante.

Alors pourquoi est-ce que moi, je suis masochiste ?

Pourquoi moi, après le bac, j'ai choisi de faire un truc immonde, spécialité française (j'ai nommé la classe prépa) dans lequel pendant 2 ans j'ai eu des 1, des 2 et des 3 sur 20 (dois-je compter mon historique -167 en anglais ? j'essaye de l'effacer de ma mémoire, il y reste, inexorablement), pendant 2 ans, on m'a dit que je n'étais peut-être pas à ma place, on m'a rendu des bulletins où j'étais reléguée au dernier rang de la classe (il m'est cependant arrivé une fois d'être classée avant-dernière), on m'a fait croire que j'étais une grosse merde.

Oui, j'ai écrit "grosse merde". Normalement, ça se dit, ça ne s'écrit pas.

Mais après ces 2 ans, on aurait pu se dire que c'était fini après tout, la perpétuelle dévalorisation, l'écrabouillement permanent. Bin non.
J'ai recommencé. A croire que j'aime penser que je suis une grosse merde.

Oui, je l'ai écrit. Normalement ça se dit, ça ne s'écrit pas.

Il doit y avoir écrit sur mon front "allez y, il faut surtout que je continue à penser que je suis une g--ss- m-r-d-. Insultez-moi 6h de suite, j'adore les samedis comme ça"

Je crois que je suis masochiste.

L'impression difficile et blessante que je ne serai jamais à la hauteur.

lundi 16 mars 2009

Souvenir de Tokyo

video

Je ne savais pas comment tomber au judo
(il y a un art de la chute)
Derek, ceinture noire, était censé m'apprendre à tomber.
J'ai eu mal. Très.

La langue de Barbarie


Babakar nous emmène donc jusqu’à une petite plage d’où nous montons en pirogue jusqu’à la langue de Barbarie. Une île, mais aussi un parc naturel, plein d’oiseaux.

J’ai l’impression de rêver.

Cette île est éphémère : pour soit-disant lutter contre les risques d'inondation à Saint-Louis, une brèche de 4 mètres a été ouverte le 3 octobre 2003 en plein milieu de la Langue de Barbarie. Cette brèche s'est élargie de 200 mètres en trois jours seulement ! Six mois plus tard, c'est un trou béant de 800 mètres qui laissait passer les eaux du Sénégal devenant de fait la nouvelle embouchure du fleuve...

Je m'assois tout au bout de la langue de Barbarie. Je suis pieds nus dans le sable. Tout le monde est parti se balader, je reste à écouter la mer.

Expérience de liberté.

samedi 7 mars 2009

St Louis, donc


J'arrive enfin sur l'île.
En face de moi, le syndicat d'initiative. "Bonjour, je cherche à dormir pour pas cher. Et aussi, je cherche une excursion pour demain, au parc de la langue de Barbarie ou au Djoudj" "ah oui mais pour les excursions, on les fait si on a suffisamment de monde, si vous êtes seule, vous allez payer trop cher, revenez à 18h" (il est 11h).

Je pars dans les rues, me trouver un auberge.

"Salut, ça va ?"
Un gars derrière moi.
Je suis un peu méfiante. Une touriste seule...
Bin oui ça va. "t'es là depuis longtemps ? tu restes combien de temps ? T'aimes le Sénégal"
Je réponds, rapidement mais je réponds. J'arrive vaguement à m'en débarasser au moment où je lui dis que je vais voir mon auberge, que je sais où elle se situe, que je n'ai besoin de personne. Et là il me dit qu'il est sculpteur, que sa boutique et juste là et que... bon ok, j'enregistre, je repasserai - peut-être. Il me lâche.

Premier exemple. TOUS les Sénégalais sont comme ça. Au bout d'un moment c'est très lourd.

Je marche. 2 mètres plus loin, ça recommence, avec un autre.
"Salut, ça va ?"
Mais lâchez moi... jsuis crevée, je cherche une auberge pour poser mes affaires et aller déjeuner tranquillou.
"Nan mais si tu vas dans cette auberge, c'est pas top, tu vas être dans un dortoir, alors que moi je connais un lieu où t'auras une chambre seule..."
J'en ai marre, j'accepte, je le suis.
J'arrive dans une petite cour, il n'y a même pas écrit que c'est un hôtel. Je suis sceptique, il s'en rend compte. "Regarde, il y a d'autres touristes, ils sont contents". Bon, c'est vrai. Et puis j'ai une chambre seule avec "salle de bain" (très sommaire). Et puis c'est 10000francs cfa avec petit déj (=15 euros, plus tard, j'ai appris à avoir des chambres encore plus luxueuses à 5000 francs. Mais c'est le premier jour...). Allez, j'accepte.
Il continue à me parler, là je lui dis "tu peux me laisser seule maintenant s'il te plait ?". Il s'en va.

En fait les Sénégalais sont lourds, mais vraiment pas méchants. Quand on leur fait comprendre, ils s'en vont. Ils sont gentils, ils cherchent juste à gagner un peu de sous.


Et je pars me trouver un resto, et visiter mon île.
C'est chouette. Il fait beau, je suis tranquille.
Je m'asseois sur un banc face à la mer, devant les pêcheurs. Je fais une micro sieste. Jsuis bien.
Je sors mon journal, ma trousse.
Malheur.

Des jeunes filles : "donne nous tes stylos, donne des stylos"
Bon, je suis Française, j'ai plein de stylos. Allez, j'en lâche un. "moi aussi moi aussi". J'en offre un deuxième. "Et moi, et moi". Euh non, là les mignonnes, mes stylos plumes, je les garde. "Allez allez". Bin non, je veux écrire mon journal !
"Je te hais"
Ah bin là ma chérie, tu peux être sûre que je ne vais rien te donner.

J'écris.

Pleins de jeunes filles m'entourent. En fait, je suis devant l'école privée de l'île, elles ont bientôt cours. Au début, j'ai l'impression qu'elles se moquent de moi. Et puis on papote. Une heure.
"Toi tu es une blanche gentille, les autres sont pas sympas. Ils viennent juste sur la plage pour bronzer et ils ne nous parlent pas".

...

La vie, c'est tout d'abord des rencontres.

...

Je termine mon tour de l'île. Je suis devant le syndicat d'initiative. J'y retourne. "Non, il n'y a toujours personne pour les excursions, je vous avais dit demain". J'y croise un touriste solitaire, je lui propose une excursion. Il a l'air méfiant, à croire que je vais le violer (j'ai bien le physique pour).

Des jeunes m'accostent pour me faire faire le tour de l'île en calèche. 8000 francs.
10mn plus tard, je suis sur une calèche, pour 3000 francs.

A 18h évidemment, toujours personne pour mon excursion.
"Non mais faites quelque chose pour moi, il y a plein de touristes, intégrez moi à un groupe qui part d'une auberge". Elle appelle un type. Le type me propose une excursion au Djoudj (parc naturel avec pleiiiiiin d'oiseaux). 25000 francs. Bin non, et puis je veux aller à l'autre parc moi, à la langue de Barbarie. "Ah mais viens avec moi, je connais un guide qui y va demain".
Je lui suis, j'ai confiance.

Et là je tombe sur Babakar. LE guide certifié, rigolo, cultivé. Il est dans sa voiture dans la rue. Il ma propose son excursion à 25000. Il part avec un couple de Français.
Une fois que j'ai descendu mon prix à 15000, on fixe un rdv.
Mais je ne suis pas pressée, alors je reste papoter avec lui une heure. Il me parle des enfants de la rue. Leurs parents, trop pauvres, les ont envoyés chez un marabout, dans une école coranique. Alors ils apprennent à réciter le Coran sans le comprendre (évidemment, ils ne parlent pas arabe); et pendant la journée, ils vont dans la rue mendier. Des sous, à manger, quelque chose.
A midi, ils rapportent tout et partagent pour le déjeuner. Ceux qui n'ont rien sont frappés.
On les voit parfois, ceux qui n'ont rien, ils dorment dans la rue. Ils préfèrent ça à la cravache.


Je rentre à l'auberge, j'y rencontre un groupe de jeunes baroudeurs Français. Ils ont mon âge. Ils font le tour de l'Afrique en 3 ou 4 mois en vélo.
C'est drôle ces rencontres.

Le lendemain, donc.
J'arrive au rdv. Babakar n'est pas là. Je me demande encore une fois dans quoi je me suis embarquée. Mais je suis méfiante pour rien. Il arrive 20mn plus tard.
On part, avec le couple de Français, dans sa voiture.
Et au beau milieu du désert, on tombe sur une école. Paumée.

Là je comprends pourquoi pour ces gens, il est difficile de faire avaler la pilule de l'école obligatoire. Après tour, ils vivent dans des maisons en paille. Ils ont juste besoin d'avoir 3 poissons pour nourrir la smala. Alors Napoléon et Victor Hugo, finalement, à quoi ça va leur servir ?

Il y a une salle de classe. Et deux annexes en paille. Au milieu du sable et des buissons. La carte du Sénégal est dessinée à la main. Ils sont presque pieds nus, ils ont un vieux cahier et un crayon.

Et moi j'ai un appareil photo SONY 8 millions de pixels.
Et je les prends en photo, comme si j'étais au zoo.
Et je les affiche sur un blog.

Autre culture...


lundi 2 mars 2009

La première épopée



Après une journée calme (dimanche 15 février) dans la grande maison jaune et orange, je me décide à partir au large, sac sur le dos, guide à la main.
Le grand inconnu.

Lundi, 5h45, mon réveil sonne. Discrètement je m'habille, j'avale un bol de céréales, j'ouvre silencieusement la porte de la grande maison jaune et orange. Il fait nuit, un peu frais. A moi l'aventure.

La veille, on avait cherché sur Internet comment se rendre à St Louis (histoire de savoir quand même où aller...). Je prends un taxi jusqu'à la "gare des pompiers".
Et je me retrouve à la "gare routière". Je mets des guillemets parce qu'en fait, c'est un énoooorme terrain vague avec plein de voitures dedans. On aurait dit une décharge de voitures. Sauf que les ordures en question, il faut bien que je m'y résigne, ça va être mon moyen de transport. Un type vient me voir "tu vas à St Louis ?" "euh, oui" "viens par là". Vlan, me voilà 5° membre d'un taxi 7 places. On attend qu'il finisse de se remplir avant de partir. Et en attendant, je papote, à 6h20, avec les gens. 2 gars me demandent en mariage, un 3° me glisse son numéro.
No comment.

Je suis assise sur la banquette de toute derrière, au milieu, les genoux repliés sur ladite banquette car il n'y pas d'autre place.

4h plus tard, j'ai très mal aux fesses. Mais je suis à St Louis, au Nord du Sénégal.
En fait non, je ne suis pas encore à St Louis, je suis sur le continent. St Louis est une île juste en face. Enfin, me dégourdir les pâtes...

Je descends du taxi, avec ma tronche de blanche très blanche, mes habits occidentaux que je troquerais volontiers contre un boubou, et mon sac à dos rouge. Je suis assaillie "taxi jusqu'à St Louis ?" "NOOOOOON, je vais MARCHER" "mais c'est loin, viens dans mon taxi" "non, je veux marcher, jmen fous, j'ai les fesses en compote".

Haha.


En fait, j'ai marché 45mn. Je croyais que l'île, c'était tout près.
Pendant ma longue marche, je traverse un village extrêmement pauvre. Sur le sable qui borde la bitume, des femmes, vieilles, vendent des fruits et légumes anorexiques recouverts de mouches. Les enfants se baladent pieds nus, la morve au nez. Ca pue.

Et là, grand sentiment de vide.
Que fous-je ici ?
Mais qu'est ce que je suis venue faire ???
Il y avait pourtant, pour bien moins cher, des séjours à Malte tout compris, hôtel 3*, vol, demi pension. J'aurais dû y aller, j'aurais dû, j'aurais dû.
Les larmes montent presque. J'avance sans savoir où je vais, sans savoir où je vais dormir. Tout est moche. Mais... mais merde.



Et puis tout à coup, une petite fille, 3 ou 4 ans, le visage tout crado, me regarde et me dit, avec un énorme sourire "bonjour".

Je réponds avec un sourire encore plus grand.
...
Je suis touchée.

Et là, une larmichette coule. En fait, je sais pourquoi je suis venue au Sénégal et pas à Malte. Parce que l'hôtel 3*, ce n'est pas moi. Malte, les plages, la mer transparente, ce n'est pas moi. Les touristes arrogants avec des lunettes de soleil plus grosses que leur visage et des sacs à mains dernier cri, ce n'est pas moi.
Moi c'est plutôt le brouillon, l'aventure. L'inconnu. Et les sourires des enfants qui n'ont rien d'autre à offrir que leur salutation.

Voilà pourquoi je suis là, au Sénégal.

jeudi 26 février 2009

Le Sénégal des touristes

Jour 1 : samedi 14 février. Je manque les ficelles au sésame, macarons, chouquettes et autres douceurs en forme de cœur du Grenier à Pain que j'ai quitté un jour trop tôt; pas de fête des amoureux pour moi (soupir ?).


L'aventure africaine commence calmement par une journée sur l'île de Gorée avec Hélène, Frédéric, Ariane et Louane, mes hôtes. Ariane, que je gardais à Tokyo, est devenue presque aussi grande que moi (oui, elle a neuf ans). C'est tout bizarre de la revoir au réveil !


Gorée, c'est le Sénégal facile, le Sénégal des touristes. C'est aussi un lieu chargé d'histoire, ça a longtemps été un lieu important dans la traite des esclaves : ils partaient de là vers l'Amérique. M'enfin c'est surtout un lieu de mémoire symbolique car l'acheminement vers le Nouveau Monde avait lieu partout sur la côte.
On y passe un bon moment, on y croise mille vendeurs de bijoux à la sauvette, on y visite la maison des esclaves, on y observe la mer. J'achète deux petits tableaux (pour mon futur chez moi car un jour j'aurai un chez moi).


C'est au large de Dakar, on a pourtant l'impression d'en être très loin. Tout est coloré.

Les Sénégalais - ultime leçon de ce voyage - ont le TEMPS. Aussi, les croiserons-nous souvent ainsi :


Un mode de vie à apprivoiser pour la Parisienne toujours pressée. Ici tout est plus alangui, de toute évidence.

mardi 24 février 2009

Back to... "reality" ?



Date fatidique du (non moins fatidique) retour : lundi 23 février. Heure : 6h30.
Date fatidique du (non moins fatidique) retour au travail : lundi 23 février. Heure : 10h.
Nombre d'heures de sommeil du vol Dakar-Paris 23h35-06h : 1.
Efficacité au Grenier à Pain le lundi 23 février : quasi nulle.

Je suis donc rentrée. Le visage enclowné (front marron et beige, nez rouge foncé et rouge plus clair), la valise pleine d'objets divers, et la tête pleine d'images. Alors que je m'étais habituée au rythme alangui de ce peuple qui prend toujours son temps, je suis vite vite retournée à la boulangerie. (Et là, on peut tous ensemble remercier publiquement sur ce blog Mr Boss pour sa miséricorde devant mon extrême lenteur: Merci).
La veille dans un vieux bus aux portes qui ne ferment pas, entassée au milieu des Sénégalais pleins de couleurs, le lendemain dans la laguna noire somptueuse. Confortable. Presque trop.
C'est qu'ici, on ne sent pas les trous dans la route sur le chemin.
Normal, il n y a pas de trous dans la route.
Alors oui, je vous raconterai ce voyage en images. Les jours qui viendront...

A bientôt, fidèles amis.