lundi 2 novembre 2009

Sweetdream

Un jour je serai une super boulangère.
C'est mon rêve à moi.

dimanche 25 octobre 2009

Nouvelle page...

Il y a peu, certaines circonstances m'ont amenée à tourner la page Grenier à Pain.
Cette jolie page sur laquelle j'avais tant écrit et pour laquelle je vibrais tant. Après de longues heures de réflexion, je l'ai tournée. Les dernières lignes étaient trop difficiles pour moi, sans doute.

Et puis, il y a deux écoles.
Ceux qui disent que faire tout son apprentissage dans une même boite permet d'avoir un socle de connaissances solide.
Ceux qui prônent le changement et la confrontation de méthodes.
Chaque école a ses vices et ses vertus.
Je choisis la seconde. L'année prochaine peut-être, changerai-je à nouveau ?

Je pars à la découverte d'un nouveau monde. Une année qui sera, je l'espère, à nouveau enrichissante et gratifiante.
Je tends la voile.
Un vent se lève.

samedi 17 octobre 2009

Among absence and silence, just wanted to thank the family. For they're always here when the rest collapses.

jeudi 24 septembre 2009

Longtemps je me suis couchée de bonne heure,
A la première bouchée de madeleine à l'orange me reviennent - vagues confuses, pêles-mêles désordonnés - les rêves de jadis, les rêves d'autrefois.
Et je relis là les pages tournées
...mais qu'ai-je fait...

jeudi 17 septembre 2009

Home, sweet home

My first home... pictures



samedi 12 septembre 2009

The one who wasn't a baker

Sur le mode Friends, laissez-moi aujourd'hui évoquer en votre présence celui..

Celui qui n'était pas boulanger

Celui qui n'était pas boulanger mais qui avait une copine boulangère
cui là qui pouvait dire à tout le monde que "moi jconnais quelqu'un en BEP, jsuis hyper ouvert"
cui là qui rêvait lui aussi de tout plaquer pour faire quelque chose d'un peu plus fou et d'un peu plus vivant mais qui en avait finalement un peu peur

cui là donc
l'était pas boulard

C'était un gens de lettres, un gens bien. Un gens qui lit et qui écrit
Un gens qui sort le soir au théâtre, à Saint Germain. Qui vous parle d'opéra et qui n'aime pas Beigbeder.

Bref, ce genre de personnage qui cristallise ses désirs les plus fous chez les autres.
Chez la boulangère en l'occurence.

Ce personnage est celui qui, lorsque je le croise, me demande immédiatement :

"Alors, quand est-ce que tu ouvres ta boulangerie ?"

Question qui tue.
Silence.

La question qui anéantit tout et qui couvre votre âme innocente et fragile d'un voile noir et glaçant.

Car celui qui n'est pas boulanger ne le sait pas.
Donc je le dis aujourd'hui haut et fort, je le clame sur la toile Internet :
On n'achète pas un fonds de commerce en claquant des doigts, on n'ouvre pas une boulangerie après 3 ans d'apprentissage, on ne se lance pas tete baissée dans la création d'une entreprise qui vous grignotera chaque minute de votre insouciance.

Alors mes chers amis, attendez, attendez, attendez
et cessez de me tarauder avec the question that kills because I'm not ready yet

I still need to watch, to learn, to travel, to take responsibilities

Car rien ne sert de courir, il faut partir à point.
Quelqu'un l'a dit
(un gens bien)

Amis d'un matin, amis du samedi,
bonsoir.

mercredi 2 septembre 2009

Rentrée

Me voici entrée en BP - Brevet Professionnel
Rien à voir avec le BEP
Des gens plus motivés, plus intéressants, moins débiles que mes camarades de l'année passée
Des exigences parfois effrayantes mais stimulantes, à coup sur
Des possibilités d'essayer de nouvelles recettes, de créer, de se lancer.

Cette fois-ci, finie la rigolade, je passe là mon diplôme le plus important.
Enfin, ce n'est pas celui du plus haut niveau sur l'échelle des degrés de l'Education Nationale, mais c'est celui qui m'apprendra le plus sur mon métier.

J'étais étonnée aujourd'hui : en cours, les gens écoutaient
y avait pas dbruit
quand la prof' donnait quelque chose à faire, on le faisait

j'avais oublié.
complètement oublié ce que c'était, les vrais cours, l'atmosphère studieuse.
Et c'était tellement agréable.
C'est un vrai plaisir d'aller à l'école maintenant.

cette première semaine j'y ai fait mes premières viennoiseries au beurre. "Le beurre est le maitre". Il faut sans cesse jouer avec le froid, replacer son pâton au frigo ou au congel pour éviter qu'en fondant à la chaleur du rouleau, le beurre ne se mélange à la pâte. Au final, un résultat gustatif incomparable avec la margarine.


Bon résultat de feuilletage avec le beurre. Mais feuilletage raté avec les croissants à la margarine. Etrange.





Et le soir quand je rentre, je suis chez moi. Dans ma maison à moi.
Je reviens du métro, je passe par la rue piétonne Henri Barbusse où les primeurs et les fromagers papotent
Les mamans tiennent leur enfant par la main en rentrant de l'école
c'est doux

Elles donnent à leur progéniture des brioches pasquier qu'elles viennent d'acheter chez Shopi. Dans mon sac, mes petites brioches de l'école.

J'ai (enfin) reconquis mon statut de reine de la brioche :)



samedi 29 août 2009

Paris


Les toits de Paris le long des Tuileries
Lorsque le bleu du ciel chasse de l'âme le blues

Aujourd'hui c'est l'automne, c'est la rentrée, c'est la routine. Et les dix mois sans soleil et sans répit.Tourbillon.
Encore des surprises sans doute
Encore de la joie, des sourires,
et puis des jours plus sombres et des coups de gueule

en attendant le bleu du ciel et ses toits de Paris
le long des Tuileries

dimanche 23 août 2009

Retour du Sud de la France,
Les peupliers enchanteurs de la maison d'Aix
La transparence quasi parfaite de l'eau des calanques
Le bordel de Marseille qui m'entraine dans mon imaginaire beyrouthin alors que je n'ai pas quitté la France
La vigueur d'esprit de tante Isabelle malgré ses 100 ans qui approchent
La fraicheur des gouttes d'eau salée sur le corps à chaque coup de pagaie
La découverte de grottes marines à bord d'un kayak
Les rires franchement joyeux avec des camarades d'une semaine que l'on est sur de revoir et qu'on oubliera sans doute de rappeler une fois revenus à Paris
La peau qui se colore

Le stage de théâtre annulé,
La signature du bail,
Le déménagement. Prochain.

mercredi 5 août 2009

Un poème du temps où je savais écrire

Suis-je encore capable d'aligner les mots comme je le faisais jadis...?


A son mystère

Elle devint goutte d’eau


Noces de pluie

Ruisselantes, saule pleureur de cristal

Lustre de Bohême


Elle s’étala,

Perdit toute consistance

Devint l’Insaisissable

Qu’on ne peut plus sentir ni palper


Mais qui s’écoule au rythme des gouttes,

Dans la pure transparence de l’éclat diamantin,

Traversée d’un rayon de lumière


Larme de soleil

Qui ne s’évapore pas

Et inonde le corps de l’Aimé


Noces de pluie

Ruisselantes, saule pleureur de cristal

Lustre de Bohême


Au palais de glaces la fête ne s’acheva guère

Elle prit goût d’éternité

Odeur de pastel

A rose rouge


Sur les pétales de laquelle

La goutte de l’aube

Délicatement se déposa


Et glissa infiniment sur l’étoffe soyeuse, vermeille


Les pluies de pétales

Pages blanches

Où graver les mots de ton unique transparence


Ovale

Pure

La goutte prit forme de sourire

Contemplatif


Noces de pluies !

Le cri résonna

Sous les averses écarlates

mardi 28 juillet 2009

Ma petite fierté

Un jour sur Internet, j'ai rencontré MC. Une Française émigrée aux Etats-Unis passionnée de boulangerie - elle entretient son levain depuis 30 ans ! Toutes ses activités de panification sont racontées, commentées et photographiées sur son incroyable blog.
Au cours d'un passage à Paris, je lui ai proposé de venir passer une journée au Grenier à Pain. Elle est venue avec son arme de guerre : l'appareil photo. Et 3 semaines après, j'y découvre un article qui m'émeut : Du pain et des lettres.
Moi je trouve que c'est un chouette cadeau. Alors MERCI DE TOUT CŒUR MC.

lundi 13 juillet 2009

Sondage

Commencer à écrire.
Sur tout ça.

qui vote pour ?

La nouvelle tradition

Les traditions : on les instaure, puis on y reste fidèle :)

dimanche 5 juillet 2009

Pique-Nique

C'est au parc Monceau qu'a eu lieu le pique-nique géant post-results
On a fêté dignement la consécration ultime. Liza la pâtissière et MC la boulangère.
Mais jamais sans un Nicolas Virtuel dans les bagages, of course

(pardon pour les autres, je n'ai eu droit qu'à quelques photos, mais j'aimerais en recevoir de nouvelles !)



samedi 4 juillet 2009

Results

Je ne suis plus apprentie
Je suis boulangère

Merci à tous ceux qui m'ont soutenue dans les moments difficiles cette année, je vous dois ma persévérance et mon enthousiasme.
Merci à ceux qui ont su être fiers de ma route peu ordinaire et qui m'ont permis d'y parsemer des fleurs entre deux orages.
Et merci à ceux qui continuent à être là parce que le sommet de la montagne est encore loin.

vendredi 26 juin 2009

A voir

Cette vidéo est incroyablement triste ...

jeudi 25 juin 2009

Help




Nico, I miss you so much

mercredi 24 juin 2009

Pierchonnade volatile

Conchita m'a demandé de renouveler un peu mon stock d'articles

Alors en hommage à notre Nicolas national, héros d'un soir (au théâtre, rôle principal d'une pièce contemporaine [L'Autre, ou le jardin oublié] s'il vous plait messieurs dames), laissez-moi partager avec vous ses talents de photographe privé.

Car Nicolas sait saisir l'instant aérien
avant que ne retombe la masse

Nicolas, un artiste de qualité à votre mon service




lundi 15 juin 2009

The white company


Abandonner le troupeau pour aller chercher la baguette égarée

mercredi 27 mai 2009

Un an

23 ans, hier.

Généralement, j'aime faire des pages "bilan" la veille de mes anniversaires. Et chaque année je constate que j'ai traversé mille choses plus enrichissantes que celles de l'année précédente.

Évidemment, cette année a été spéciale

enivrante


vertigineuse


Je ne sais pas la résumer, je ne sais pas la qualifier. Elle était tout.

Magiques, les trajets en vélo dans la nuit pour cueillir l'aube entre une pétrissée et l'autre; sensuel, le plaisir de façonner les pains spéciaux du matin et de caresser les pâtes à viennoiseries aux odeurs enchantées; gratifiant, le départ du Grenier à Pain à la fin de la journée avec une baguette que l'on a soi-même faite.
Et douloureux le dos à la fin de la journée, décourageantes les journées où rien ne se passe comme on le voudrait, humiliantes les moqueries souvent trop répétées.


Et pourtant... pourtant j'ai tellement tout aimé. Apprendre enfin quelque chose qui donne l'impression d'être pleinement vivant, vivre d'ailleurs, tout simplement, pour quelque chose d'essentiel, de terrestre - pleinement.

Il y a un an, j'étais en Angleterre. Et après m'être sentie idiote devant quelques amies qui savaient transformer en un tournemain quelques restes de frigo en soufflés, hachis, et autres plats fondateurs que je ne savais pas confectionne, j'avais décidé pour Paques de faire moi-même la pate à pizza de mes manaiches libanaises (pizzas au thym et au sésame). Et puis, j'avais continué. Je m'étais lancée. Les sacs de farine du Sainsburys s'enchainaient, je m'étais mise à la cuisine. A fond. Et au pain.

Les pains indiens sans levure, les pains complets, les petits pains au lait qui étaient chaque fois meilleurs avec l'expérience.

Tout changeait.


A mon retour à Paris, je demandai à Oriane si ses parents restaurateurs ne connaitraient pas un artisan boulanger pour que je passe une semaine chez lui. Je pensais alors faire un CAP adulte en trois mois à partir de janvier 2009. Et puis elle m'avait répondu "mais fonce, va voir des gens près de chez toi, demande, raconte ton histoire". Sur le chemin, tout de meme, un coup de fil à Nathalie "Nathalie, j'ai envie de faire quelque chose de fou" Et là, elle m'avait répondu "c'est GENIAL".

C'était la première à me le dire.

Le boulanger de la rue Madeleine Michelis avait dit oui. "Revenez la semaine prochaine". La semaine suivante, je ne l'avais pas vu le premier jour, ni le second. Le troisième, je m'étais pointée à 4h du matin et on m'avait dit qu'il était parti une semaine.

J'étais paumée.

Et là Matthieu tout naturellement "va au Grenier à Pain, il y a toujours du monde au fond de la boutique, le boulanger est toujours là". Une heure après, j'étais au Grenier à Pain. Damien acceptait que je vienne découvrir le fournil le lendemain. Une semaine après, j'étais inscrite en BEP.

Voilà, voilà la révolution de mon année. Mon année folle.

Oui, j'ai passé un BEP boulangerie, je ne l'aurais jamais cru. Qui d'ailleurs l'eut cru ?
Et pas un jour je ne l'ai regretté. J'ai presque regretté de ne pas l'avoir fait plus tot.
Que me réservera cette année ?
Qui vivra verra.

vendredi 22 mai 2009

Correction

Le jour de mon épreuve pratique pour le BP
un moment y a eu une pause
et là Sonia est venue
c'est ma copine patissière
elle est venue juste à temps, pile à la pause
ça m'a fait plaisir
(et elle veut absolument que je vous le dise)

jeudi 21 mai 2009

Un petit concentré de shintoisme

... pour la sérénité...

mardi 19 mai 2009

The D-Day

Laissez moi donc vous conter mon épreuve de BEP

qui ne fut pas la meilleure journée de l'année...

On me donne la commande. Et là, j'hallucine. C'est minuscule. Incomparable avec les examens blancs.
Une dizaine de kilos de pain blanc.
Des croissants et des pains au chocolat (avec une base d'1kg de farine)
Du pain de campagne
Du pain de méteil
Un décor en thème libre.

QUOIIIIIIIIIII ??????? Et le pain au lait ? Et la brioche ?
Normalement, il y a 2 types de viennoiseries, et la viennoiserie est de loin mon point fort ! (honte à moi, c'est ce qu'il y a de plus simple en boulangerie).

Et le pain blanc, ce ne sont que des baguettes, pains, ficelles, bâtards. Pas de petites formes régionales. Et ça m'énerve ça, je réussis toujours mes formes régionales.
Bref, je suis dégoutée.

Je remplis l'organigramme. J'arrive au labo.
Je pétris ma pâte à croissant. 23,2°C. Elle est parfaite.
Je pétris mon pain de campagne. 23°C. Il est parfait.
Je commence à ramollir ma margarine et à tourer mes croissants.
Je pétris mon pain blanc. 24°C. Il est parfait.

Tout va bien. Je suis rassurée. Je détaille mes croissants et mes pains au choco. Hop je donne un petit rabat à mon pain de campagne. Hop je divise mon pain blanc. Et là, la merdasse commence.
Je le trouve assez ferme. Difficile à allonger. Mais j'arrive tout de meme à faire des baguettes régulières sans trop de souci. Tout à coup je réalise que je l'ai bien trop peu hydraté. 63%. Pour un pétrissage amélioré, c'est bien 2% trop bas. M'enfin, je continue mes opérations. Je divise mon campagne. Je cuis ma viennoiserie, je lance le pétrissage du méteil. 23,5°C. Il est parfait. Je façonne mon campagne. Je cuis mon pain blanc (avec les 400g de pate de trop que j'avais, je fais des petites formes quand meme. Pour mon casse croute. Et pour montrer que je les maitrise [bin oui])

Je divise mon méteil.
Je sors ma viennoiserie du four. Elle est réussie (enfin, les pains au choc sont tops. Les croissants sont moches mais bien feuilletés)
Je façonne mon méteil. Surtout ne pas donner de force. Un pli et directement la soudure. Je sais que ce pain a tendance à éclater au four.

Je sors mon pain blanc du four. Et là j'ai envie de me jeter du haut du pont Alexandre III.
Mon pain est moche.
Nooooooooooon. Tout allait bien. Pourquoi mon pain est moche ?
Trop de buée, pas de grigne. Quelques ficelles tordues. Des pains trop serrés d'après un correcteur. Il me pose des questions, je ne suis meme pas capable de répondre correctement pour me rattrapper. Je lui raconte que j'aurais peut-etre du laisser un peu plus de pointage (=1ère fermentation). Il me dit qu'il y en a eu trop.
Je désespère. Il me dit de ne pas m'en faire, que tout ne se joue pas juste au pain blanc.

Oui mais...
Quand je sors mes méteil du four, ce que j'avais craint est arrivé, ils ont tous éclaté.
Et là j'ai envie de rire.

Tout allait bien.
Toutes mes pates étaient parfaites. Tout tout tout était top. Qu'est-ce qui s'est passé dans ce four merde ?

Bon.
Alors, belle viennoiserie, beau décor, pain de campagne presque réussi en entier, mais foirage sur tout le reste.

Alors le BEP, je l'aurais je pense, parce que pendant la journée, les correcteurs ont bien vu que ça allait. Mais j'aurais voulu l'avoir avec plus de fierté, et j'aurais voulu du pain au lait aussi, et j'aurais voulu etre vraiment contente de moi.

J'en veux à mon prof. Je lui en veux de ne nous avoir jamais fait faire de méteil. J'en ai fait une fois, avec un remplaçant, car j'en avais parlé. Je lui en veux de ne nous avoir pas du tout assez entrainé. De ne pas avoir fait assez de pain blanc pour que nous sachions nous débrouiller le jour J. Je lui en veux de nous avoir fait faire 50 fois la baguette viennoise sous prétexte que c'était plus compliqué alors que c'est facile comme bonjour.

Voilà. Je suis un peu déçue de ma journée.
Pourtant, tout allait bien, jusqu'au four...

vendredi 15 mai 2009

ô rage, ô désespoir

ô croissant ennemi...

Hier, jeudi 14 mai, j'étais convoquée à l'école pour une épreuve pratique. Savoir si je peux être prise en Brevet Professionnel (un examen qui se prépare en 2 ans, qui est très très dur, mais qui permet de comprendre plein de choses en boulangerie)

J'arrive guillerette, pas (trop) angoissée. Et là j'apprends qu'il y a une épreuve écrite. Ah. Merde.
On nous avait dit épreuve "pratique", c'est quoi ce délire là ho hé ho ho ho
Bon. J'inspire, j'expire.

Certains candidats étaient au courant. Je passe sur ma révolte intérieure.

Première question, citez 4 rôles du sel. Bon, ça va. Citez 3 pâtes levées contenant du sucre et leur quantité de sucre. Allez savoir pourquoi, mais pourquoi j'inscris "pain au lait 60g". Non, pas vrai. C'est 100g. Passons. Les produits correcteurs autorisés en pain de tradition française. Meuuuuuh facile, aucun. Évidemment, plantage royal (on a donc droit je viens de vérifier à de la farine de fèves [bin je m'en doutais en fait, j'étais sûre de l'avoir vu sur nos sacs de farine, mais comme ça sert à blanchir la pâte et que le pain de tradition ne doit pas être blanc, jme disions qucétait point la peine], du malt, du gluten, et de la farine de soja. Que des dérivés de farine, rien de chimique, no worries. Ah si, et des amylases fongiques je crois).
Bien.
Deux caractéristiques sur le produit fini (ie la baguette) dans les 3 modes de pétrissage que vous connaissez.
Deux moyens de conservation des oeufs, signification du logo et de la démarche HACCP, quelles sont les caractéristiques d'un artisan boulanger par rapport à un terminal de cuisson (bon, j'ai écrit "courage et persévérance" [en plus du reste, no worries hein]).
Deux façons hygiéniques et sécuritaires de décongeler les produits (??? bin jsé pas moi, on les sort du congél !)
Bref, passons. En 35mn c'était fini.

13h30. Début de l'épreuve pratique.
Comme nous n'avions que 2h30, les pâtes étaient fournies déjà pétries (et moi je déteste quand je ne maîtrise pas ma pâte, ouh que je n'aime pas ça...).
Il fallait faire un pâton de croissants (entre 15 et 20), un pâton de pains au choc (entre 15 et 20), et une dizaine de baguettes de tradition.

Je prends la margarine. Elle est toute molle. Je suis troublée. Merdasse. Je prends mon pâton. Il colle au plan de travail, je suis toute troublée. Je farine un max. Le formateur m'observe. Je suis troublée. Je ne connais pas les gens d'en face et de derrière, ils procèdent différemment, je suis troublée.

Et là, je ne sais pas ce qui se passe dans ma tête, mais je fais le pâton de feuilletage le plus foiré de mon existence de boulangère. S'il y a un seul, mais un seul truc que j'ai réussi à chaque examen blanc, c'est les croissants !
Bref, ça se passe mal. Je vois bien qu'une partie de ma pâte ne contient pas de matière grasse, j'essaye de cacher ça. De le virer à la découpe. Je me plante. J'ai une partie de croissants anorexiques, aucun n'est feuilleté, ils sont craquelés, moches, invendables. Heureusement que les petits frères des pauvres qui passeront les prendre ne sont pas exigeants. Ma dépression commence.

Bon, en revanche, j'ai eu des pains au choco bien réguliers, aucun ne s'est soulevé en cours de pousse ou de cuisson, bon feuilletage, bien dorés. Beaux. Les presque plus beaux de mon existence de boulangère, pour le coup.
Baguettes ça allait aussi, un peu juste en cuisson mais sinon j'ai à peu près réussi mon coup de lame (pour cause d'entrainement intensif de mise au four au grenier à pain mardi et mercredi).

Alors je crois que j'ai les croissants les plus moches de la classe.

Deux points positifs cependant :
-les jeunes qui passaient semblaient motivés et plus intéressés que ma bande de zoulous de camarades de cette année
-ça me fait un petit entrainement pour mon BEP mardi, je ferai méga gaffe à mes croissants, I want to masterayze them, je me détendrai plus rapidement, je ne REGARDERAI pas les autres, chacun ses méthodes, et tant pis pour le reste.

Bon, y a plus qu'à attendre the result. Je n'étais pas trop stressée, mais là je me dis qu'on peut toujours m'éjecter du programme.
Ah si, j'étais la seule fille des 23 candidats. S'ils veulent pouvoir dire que dans leur école il y a une nana qui passe un Brevet Professionnel, moi je dis, pfuiiit, on met le dossier en haut de la pile. Bin oui, ça s'appelle la discrimination positive.

Pour le moment, rabaissons nos prétentions, il s'agit de se concentrer sur le BEP, d'apprendre toutes mes recettes par coeur ce WE et de ne pas stresser pour mardi...
Bon, là j'ai besoin de solidarité.

mercredi 13 mai 2009

There iz no B solution

Hier soir au dîner, mon père me demandai
(vous avez vu cet art de l'alexandrin avec rime interne ?)
"et si tu n'es pas prise dans la formation que tu veux, que fais-tu?"
"..."
"et si tu rates ton examen, que fais-tu ?"
"..."

Bref, donc voilà, la réponse est claire : je n'ai PAS de solution B.
Je veux avoir mon BEP et je veux être prise en BP. C'est tout. Point barre.

Alors faire un CAP pâtisserie ou un connexe cuisine parce que j'aurais raté mon exam, c'est hors de question.
et devenir ouvrière boulangère avec seulement un BEP en un an, c'est hors de question aussi. ça ne me suffit pas.
Je réalise donc que je n'ai pas d'issue de secours. Et que pourtant, dans le fond, je ne suis pas à l'abri d'un accident.
A moins d'une semaine de l'examen, je me mets donc sérieusement à flipper.

CQFD.

le plus stressant pour moi, c'est le temps de pousse des produits. Je n'arrive jamais à évaluer quand un pain doit aller au four.
Ou un croissant.
Brioches et pains au lait, c'est plus facile à réaliser. Mais les pains blancs et les pains spéciaux ou de campagne.
jveux y arriveeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeer

samedi 9 mai 2009

Bipolaire

Le samedi matin, maintenant, il y a le théâtre.
Je marche dans la rue de Rivoli à 9h20, elle se dore doucement au soleil qui pointe. Il y a peu de monde, les touristes n'arriveront que plus tard. Dans mes oreilles, le prélude de Chopin sur lequel je réciterai, dans quelques minutes, la lettre de George Sand à sa grand-mère.
Je souris dans la rue. La musique est si belle.

Arrivée au théâtre, il y a ces sièges rouges où l'on s'installe.
L'estrade noire et froide. J'aime.

"d'un amour inépuisable, absolu, indestructible"

Aujourd'hui je suis remontée sur scène.




Enfin.

J'ai tenté d'en profiter un maximum. De me sentir la reine d'un quart d'heure. De parler bien.
Mais... un jour à peine pour apprendre un texte, c'est trop peu. Un trou de mémoire. Un second. Un troisième. Je déraillai. Peu importe, je continuais.

Est-il possible d'aimer à ce point les beaux monologues et de vouloir à tout prix faire du pain et des viennoiseries ?
Les deux pôles sont-ils compatibles ?
Ou y en a t-il un plus vrai que l'autre. Un qui me corresponde plus que l'autre ?
Deux Marie-Christine dissociées ou une seule à deux tranchants ?



C'est drôle, dire que l'on est boulangère dans un théâtre.
C'est drôle, dire que l'on aime les dramaturges classiques dans une boulangerie.

Ou alors se contenter du silence ?

Ce que l'on ne peut dire, il faut le taire.

Je reste convaincue que l'on peut aimer manier la pâte et déclamer.
Je veux le croire.

mardi 5 mai 2009

J'officialise l'information

Chers lecteurs
chers VOUS

Vous savez sans aucun nul doute que la seule chose qui me manque cette année, qui me manque terriblement et atrocement tout comme elle m'a manqué pendant mes deux ans de prépa c'est............................. (roulement de tambour)..............



............................... LE THÉÂTRE

j'adore monter sur scène, me prendre pour quelqu'un, parler, voir le rideau se lever, les lumières changer, saluer, entendre les applaudissements

ça fait quelques semaines que je tournicote ça dans un coin de ma cervelle bouillonnante,
samedi je suis allée assister à un cours de vrai théâtre
du théâtre littéraire, comme j'aime
avec fond de musique, comme j'aime

et je vous annonce donc que j'auditionne jeudi !!!!
alors on croise très très très fort les doigts pour que j'aie la place libre !!!

et là, ce serait le début du bonheur
du pain, du théâtre
la vie quoi

youpi

dimanche 3 mai 2009

Les danseuses étoiles

http://www.deezer.com/listen-1262694

Avec Chopin, c'est différent.
Chopin, c'est quelque chose

Déjà, c'est mille souvenirs.
Le piano de Matthieu, et ce nocturne
le premier,
Inoubliable

il y a une grande retenue des notes. Et puis des cavalcades soudain.
C'est Chopin.


Chopin, ce sont des milliers de danseuses étoiles qui s'élancent en arabesques et se plient en de gracieuses courbes. Chopin, c'est le jardin de Bagatelle en juillet, des bougies le soir allumées près des roses pendant que les artistes font résonner le Steinway pleine queue et réveillent doucement les danseuses étoiles.

Elles partent virevolter. Elles lancent la mélodie. Ce sont ses notes. Croches, doubles et triples, emmêlées les unes aux autres.


Comme c'est sensuel.


C'est Chopin.


samedi 2 mai 2009

http://www.deezer.com/listen-2793625

Y a Beethov qui explose dans la chambre grâce aux doigts enchanteurs de Brendel. Y a une époque où j’écrivais mes dissertes au son des sonates, parce que ça forçait ma plume à se déchainer, comme la mélodie. Vecteur d’inspiration. Incontestablement.

J’ai fini l’année. J’ai fini ma dernière semaine d’école, et ça m’a fait tout étrange. L’impression que tout a filé, que tout a changé. Je n’y aurais jamais cru. Comme me disait Matthieu hier « bin voilà, tu l’as faite Marie, cette année, finalement ». Je l’ai faite. J'ai appris à devenir boulangère. Grâce à quelques rencontres sans lesquelles je ne me serais jamais lancée, ou sans lesquelles je n’aurais jamais persévéré. Il y en a eu 3.

Et puis il y a eu tous ceux qui n’ont pas arrêté de m’encourager. A la fin, il faudrait faire un grand pot à leur honneur.

Je passe mes 7h d’examen le 19 mai. Le brevet, le bac, la licence, la maîtrise, je n’en ai jamais eu peur, je savais que je les aurais. La question, c’était juste de savoir avec quelle mention, finalement. Et là pour la première fois de ma vie, j’ai peur de ne pas réussir un examen. J’ai peur de rater mes pétrissages et d’avoir des pâtes chaudes, peur de ne pas savoir quand mettre au four, peur d’y oublier mon pain, de louper le coup de lame, cette signature du boulanger que je n’arrive absolument pas à maîtriser. Bin oui, je flippe.

Beethov continue à résonner. Inlassablement, les notes se perdent dans la chambre et dans ma tête. Vertige. Tourbillon.

mercredi 29 avril 2009

Brioches à tête

Réaction de mon prof devant mes brioches après façonnage :
"ohlala, la tête de tes brioches là, à COUP SUR, elle tombe sur le côté à la cuisson, il faut enfoncer la tête au niveau du reste de la pâte"
"mais... mais..."

Sortie du four :
"bin msieur, vous avez vu là mes brioches ?"
"nan mais c'est un coup de bol"

Pffffffffffffffffff.
M'en fous, je m'auto décrète reine de la brioche.